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Quel est ton premier souvenir de cinéma ?
Quand j’étais petite, le cinéma était une sortie assez rare dans ma famille. Je pense que les premiers films que j’ai été amenée à voir sont sans doute des dessins animés des Studios Disney... Bambi, Blanche Neige… les plus déprimants, quoi (rires) ! Je me souviens aussi de Stuart Little, la petite souris… Mais l’un de mes souvenirs les plus forts a été incontestablement le premier volet de la trilogie Matrix, découvert en salle et en Allemagne. Cette projection m’a confortée dans ma passion pour la science-fiction (je suis très fan de Star Wars) et d’un cinéma engagé, visuellement (les films de Tarantino) et intellectuellement (les documentaires de Michael Moore). Aujourd’hui, j’essaie d’aller au cinéma au moins une fois par semaine. Le turnover des films à l’affiche est vraiment rapide, mais j’ai opté pour une carte illimitée, ce qui me garantit un maximum de films pour un budget raisonnable.
Comment est née l’envie de franchir la barrière entre spectatrice et étudiante en audiovisuel ?
J’aime la capacité du cinéma à véhiculer du rêve mais aussi de la réflexion, de divertir autant que d’anticiper les problématiques du futur. Ce qui me plaît, c’est de prendre part à la critique du monde, d’apporter et de défendre mes idées. Initialement, je pensais m’orienter rapidement vers le montage. J’étais attirée par ce poste. Et puis cette année préparatoire m’a permis de découvrir de nombreux autres métiers du cinéma, que je ne connaissais pas forcément. Sans compter mon expérience sur le tournage du film des étudiants de troisième année, à la déco et dans le rôle d’un ange, qui m’a vraiment donné envie de ne pas trop m’éloigner des plateaux, de rester en contact avec le concret. Ce qui me correspond bien : je me détends chez moi en bricolant ou en rénovant des meubles !
Comment a réagi ta famille quand tu as émis le souhait de t’orienter vers le cinéma ?
Très bien. Ma mère a fait des études de stylisme de mode, et j’ai déjà un cousin qui suit un cursus dans une école de cinéma à Munich. J’ai donc grandi dans un environnement propice aux métiers de l’art. Ma famille a fait en sorte que je choisisse une orientation qui me plaise. Et j’ai la certitude aujourd’hui d’avoir fait le bon choix. J’ai en outre un côté très « scientifique », qui correspond bien aux métiers proches de la technique que sont ceux de l’audiovisuel.
Arrives-tu à te projeter sur les prochaines années ?
Je ne sais pas, évidemment, comment va débuter ma vie professionnelle. Peut-être en expérimentant plusieurs métiers de la filière cinématographique ? Je sais en revanche que ma double nationalité et ma maîtrise des langues m’offrent l’opportunité de pourvoir travailler en France, en Allemagne, en Europe, puis aussi pourquoi pas un jour aux Etats-Unis… J’ai très envie de voyager en tout cas ! Je vais probablement commencer par chercher des stages en Allemagne, lister les sociétés qui pratiquent la coproduction avec la France. Le problème pour moi, dans l’optique de travailler en France, c’est qu’il faut souvent passer par la « case » Paris pour débuter dans le milieu. Et Paris n’est vraiment pas ma ville préférée : elle me stresse, contrairement à Berlin, qui est une capitale où personne ne court dans le métro, très étendue, très verte (il y a quasiment une forêt en plein centre-ville) et qui a su conserver une mentalité de quartier.
Quel regard portes-tu sur le cinéma en Allemagne ?
Contrairement à la France, qui a instauré le CNC et son principe de soutien au cinéma français, le marché allemand est largement dominé par le cinéma américain. Il existe bien entendu une production nationale, mais qui est étouffée et n’arrive pas à toucher le grand public. Tout le passé glorieux du cinéma allemand (l’expressionnisme par exemple) a été occulté des mémoires, notamment à cause de la seconde guerre mondiale et le fait que le cinéma allemand a largement été synonyme de propagande. Mais je suis certaine que cette mémoire rejaillira en même temps qu’un renouveau du cinéma national…
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