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Fin du Monde : la nostalgie comme dernier refuge

Lorsqu’une météorite menace d’anéantir la Terre, Félix, un jeune homme d’une vingtaine d’années, se retrouve seul dans son appartement. Face à la fin du monde, il ne fuit pas. Il range, s’énerve, s’effondre. Puis, dans un moment suspendu, ses souvenirs se projettent sur les murs : des éclats de vie, des fragments d’amour et de nostalgie qui apaisent un instant le chaos environnant. Fin du Monde est un huis clos à la fois intime et universel, un court-métrage qui explore la solitude, la peur et la beauté fragile des derniers instants.

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  • thème Courts métrages
  • date 12.11.2025

Une vision de réalisateur profondément personnelle

Pour Donovan Imbusch, le réalisateur, ce film est avant tout une métaphore de l’angoisse existentielle contemporaine. À travers Félix, il questionne notre rapport au passé et à la nostalgie comme refuge face à la peur de l’avenir.

« Je me reconnais dans Félix : perdu face à mes choix, anxieux du monde et parfois de moi-même, j’avance sans savoir où je vais. Ce film explore la nostalgie comme refuge face aux épreuves, tout en rappelant qu’on ne peut vivre dans le passé et qu’il faut affronter l’avenir. »

Son univers visuel s’ancre dans une esthétique rétro, inspirée des années 80–90 : téléviseur cathodique, vinyles, mobilier minimaliste. Les couleurs jouent un rôle crucial : le rouge et l’orange incarnent la chaleur destructrice de la météorite, tandis que les teintes bleutées évoquent la douceur des souvenirs. Ce contraste traduit la dualité entre la fin du monde et la persistance de la mémoire.

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Un cadre au service de l’émotion

La chef opératrice Meryem Mrichcha traduit cette tension à travers un cadre introspectif et maîtrisé.

« Ce film n’est pas seulement l’histoire d’un homme face à sa mort, mais celle d’un jeune homme qui revit ses souvenirs les plus précieux. »

Ses choix de mouvements de caméra – travellings lents, panoramiques contrôlés – accompagnent Félix dans son voyage intérieur. Le cadre devient le reflet de son état émotionnel : la lenteur des gestes traduit la retenue et la solitude, tandis que les rares moments de panique sont saisis avec des mouvements plus fluides mais toujours mesurés, symbolisant un calme résigné face à l’inévitable.

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La lumière comme matière émotionnelle

Le directeur de la photographie Lucas Fontaine renforce cette lecture symbolique à travers un travail minutieux sur la lumière et la saturation. L’appartement devient un miroir de l’esprit de Félix : un espace étouffant, traversé de teintes chaudes de plus en plus envahissantes.

« Le blanc initial dérivera vers le jaune, puis l’orange et enfin le rouge, traduisant la montée de la menace extérieure. »

L’usage de fumée et de brume densifie l’air, rendant visible la lumière et créant un climat de tension visuelle. L’extérieur, jamais montré directement, est suggéré par des faisceaux agressifs filtrant par les fenêtres, symboles d’un monde en flammes. Lors de la séquence des souvenirs, l’éclairage naturel prend le relais, marquant une rupture poétique avec la dureté du réel.

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Le son comme pont entre deux mondes

La créatrice sonore Esmée Chiron conçoit l’univers audio du film comme un équilibre fragile entre le chaos et la quiétude.

« Le son est un lien essentiel pour exprimer le contraste entre la routine intérieure de Félix et la désolation extérieure. »

À l’intérieur, le silence domine, amplifiant chaque respiration et chaque geste. À l’extérieur, un vacarme apocalyptique : klaxons, cris, sirènes. Entre ces deux univers, les souvenirs forment des bulles suspendues, portées par une mélodie au piano douce et mélancolique. La voix du présentateur télévisé, grave et saturée, agit comme un rappel constant de la réalité, oppressante et inévitable.

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Une œuvre sensorielle et introspective

Fin du Monde compose une expérience sensorielle immersive où image, lumière et son fusionnent pour plonger le spectateur au cœur de la psyché d’un homme partagé entre égarement et apaisement. Refusant le spectaculaire, le film explore une fin du monde intimiste, une apocalypse intérieure dont la nostalgie constitue le dernier sanctuaire.

À travers ce voyage intérieur, Donovan Imbusch et son équipe signent une œuvre sensible et maîtrisée, une méditation sur la mémoire, la peur et la beauté fragile de l’existence.

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