H.O.T.E.L. : un court métrage étudiant à l’univers immersif et singulier
Un univers visuel fort au service du récit
Avec H.O.T.E.L., la réalisatrice Élise Marteau signe un court métrage à l’identité marquée, où la mise en scène occupe une place aussi centrale que le récit lui-même. Le film entraîne le spectateur dans un hôtel énigmatique, suspendu hors du temps, servant de refuge aux esprits plongés dans le coma.
Conçu comme une entité à part entière, cet espace évolue au fil de l’histoire et façonne directement le regard du spectateur. Les compositions d’image gagnent peu à peu en rigueur et en symétrie, accentuant une sensation d’enfermement. Sous ses apparences lumineuses et idéalisées, l’hôtel laisse pourtant transparaître une tension sourde : celle d’un lieu parfait qui finit par devenir une cage.
Un projet collectif et une histoire profondément humaine
Au centre du récit, la relation entre Alan et Alizée met en lumière deux rapports opposés à l’existence : d’un côté l’abandon, de l’autre la volonté de lutter. Cette tension structure l’histoire et se reflète autant dans le jeu des comédiens que dans le rythme du film.
La dimension sonore suit cette progression, évoluant d’une atmosphère douce et répétitive vers des tonalités plus inquiétantes, accentuant peu à peu le malaise et l’immersion.
Ce film incarne ainsi bien plus qu’un exercice académique : il reflète l’engagement, la créativité et la capacité des étudiants à mener un projet cinématographique de grande ampleur, en conditions quasi professionnelles.