Delorme
- thème Fiction
- formation 2ème année
- année Promotion 2023
- durée 3:47
Delorme : un court métrage au cœur de la psyché du harcèlement
l’écho des voix intérieures
Le court métrage Delorme, réalisé par Marceau Watrin et tourné au cœur du musée Fabre de Montpellier, est un film qui s’inscrit dans le registre psychologique pour explorer un sujet profondément contemporain : les effets durables du harcèlement sur la construction mentale et émotionnelle d’une victime.
Une descente subjective dans l’angoisse
Le film suit Anaïs, une jeune femme réservée et solitaire, qui dessine dans une galerie du musée. Progressivement envahie par des pensées intrusives et des voix négatives, elle se laisse submerger par l’angoisse et le regard qu’elle imagine peser sur elle. Cette pression intérieure la pousse alors à saboter son propre dessin, déclenchant une bascule où la frontière entre réalité et projection mentale se trouble. Anaïs se retrouve prisonnière de ses propres projections anxiogènes, poursuivie par une incarnation terrifiante de la marquise, figure à la fois accusatrice et symbolique.
Plutôt que de représenter frontalement des scènes de harcèlement, Delorme choisit une approche plus insidieuse : le spectateur est plongé dans l’intériorité du personnage principal, dans ces mécanismes mentaux où la peur, l’humiliation et l’anticipation du rejet contaminent chaque perception du réel.
Une mise en scène au service de la psyché
Une identité visuelle marquée
La réalisation s’appuie sur un dispositif formel précis :
- Cadres très serrés, gros plans et plans subjectifs pour épouser le regard d’Anaïs et enfermer le spectateur dans son ressenti.
- Travail sonore envahissant, fait de chuchotements, de railleries imaginées et de sons répétitifs (le crayon sur le papier), qui saturent progressivement l’espace auditif jusqu’au point de rupture.
- Désorientation visuelle, sautes d’axe et ruptures de continuité spatiale, traduisant la perte de repères du personnage.
- Le musée devient un décor symbolique à part entière : les tableaux, de magnifiques figures figées, surplombent Anaïs et participent à son sentiment d’écrasement et de jugement permanent.
La direction de la photographie joue sur un contraste fort entre le personnage et son environnement. Le pull jaune sur-saturé d’Anaïs la distingue visuellement du reste du monde, volontairement désaturé, accentuant son isolement. La lumière, contrainte par le lieu réel du tournage, est détournée pour renforcer la tension dramatique et accompagner l’évolution mentale du personnage, jusqu’au basculement final.
L’étalonnage, le montage et les effets visuels prolongent cette logique : le sang sur les mains devient une matière vivante, le tableau un personnage à part entière, et le montage un outil sensoriel au service de l’horreur intime.
Un projet collectif
Delorme est le fruit d’un travail collectif mené par une équipe engagée, réunie autour d’une volonté commune : proposer une œuvre de genre qui interroge, dérange et laisse une trace durable chez le spectateur.
Équipe du film
Réalisation : Marceau Watrin
Scénariste : Sarah Jouanny
1er assistant réalisateur : Maël Laglaine
2eme assistant réalisateur : Lisa Maugin
Directrice de production : Laure Figueras
Assistant de production : Alizée Hornung
Directrice Artistique : Sarah Jouanny
Scripte : Emma Le Dorze
Directeur de la photographie : Rémi Tropé
Cadreuse : Jeanne Itié
1er ass. Caméra : Victor Mourlan
2eme Ass. Caméra : Gabriel De Bordas
Chef électricien : Léonard Henry
Electriciens : Raphaël Beaudet et Lilou Minguet
Chef Machiniste : Antoni Martinez
Machinistes : Léo Clerc et Laura Prades
Ingénieur du son : Paul Navarro
Ass. Opérateur son : Sam Quiles
DIT : Énora Nevot
Cheffe décoratrice : Doriane Falquet
Ensemblière et Costumière : Mheï Louisar
1er ass. décoratrice : Laurie Carron
Accessoriste : Ugo De Vintcha
HMC : Blandine Degeneve
Régisseur général : Laure Figueras
Régisseurs : Mathilde Saint Ourens, Byronn Vaton, Clarice Cumplido, Élissa Benisty Attali, Érine Vitoria, Gauthier Noguera, Adèle Borvon, Romane Quéro, Malia Beaumarchais, Margaux Girard
Directrice de postproduction : Claire Balduccelli
Cheffe Monteuse : Claire Balduccelli
Etalonnage : Rémi Tropé
Sound design / mixage : Paul Navarro