Tondre Passion

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Réalisé parRobin Larquier-Laplace

Synopsis : Betty est une tondeuse à gazon maltraitée par un gardien de jardin public fou amoureux d’elle, et qui l’utilise pour tuer les visiteurs qui salissent son parc. Mais alors que Betty se lie d’amitié pour une petite fille, le gardien décide de réaliser son rêve: nettoyer le parc de tous ses visiteurs, afin d’y régner en maître avec Betty, et d’y vivre son amour pour toujours.

Court-métrage Tondre Passion réalisé par des étudiants de Cinécréatis

Rencontre avec Robin Larquier-Laplace, réalisateur du film, et ancien étudiant de CinéCréatis. Il nous en dit plus sur « Tondre passion »!

Bonjour Robin Larquier-Laplace. Vous êtes le co-réalisateur, avec Fabien Girard, du film « Tondre Passion ». Comment avez-vous eu l’idée de ce scénario ?

« Tondre Passion » raconte l’histoire de Betty, une tondeuse à gazon maltraitée par le gardien d’un jardin public fou amoureux d’elle, et qu’il utilise pour tuer les visiteurs qui salissent le parc.

C’est Fabien Girard qui a eu l’idée originale du film, qui devait être au départ un pur « slasher »*. Lorsque Corentin Rémond et moi-même nous sommes joints au projet, nous l’avons finalement fait évoluer vers une comédie horrifique, mélangeant plusieurs courants du film d’horreur d’exploitation (slasher donc, mais aussi film gore, fantastique, ainsi que des touches surréalistes…).

L’idée était vraiment de rendre hommage aux films d’exploitation horrifiques ayant bercé toute notre enfance et notre adolescence.

L’histoire a-t-elle également évoluée au fil de votre collaboration ?

En effet, au départ le récit était centré sur le personnage du tueur. Mais au cours des séances d’écriture, l’idée de faire de la tondeuse à gazon le personnage principal de notre court-métrage s’est imposée à nous !

Cela nous a permis d’introduire la notion de fantastique, absente de la plupart des slashers, mais aussi de donner à notre récit une touche singulière.

Dans « Tondre Passion », l’arme, qui est généralement décrite comme un attribut sexuel masculin, prend la forme d’un personnage féminin, la tondeuse. Cette analogie a été le prétexte d’une multitude de motifs et de métaphores évoquant la condition féminine, de laquelle la tondeuse va tenter de s’émanciper.

Introduire de tels thèmes en résonance avec le réel (la situation de la femme battue) permet de rendre le film plus organique et plus viscéral, sans pour autant lui faire perdre sa légèreté et son humour.

Où avez-vous puisé votre inspiration, pour l’univers dépeint dans « Tondre Passion », et l’histoire en elle-même ?

« Tondre Passion », au-delà d’un pastiche mélangeant plusieurs courants du film d’horreur, se veut un film s’inscrivant dans une véritable démarche d’héritage et d’appropriation des codes des films marginaux d’exploitation.

Enveloppé dans un style visuel dit « grindhouse », le film fait par ailleurs écho à des classiques du genre, comme Braindead de Peter Jackson, ou encore Christine de John Carpenter (adapté de Stephen King), et partage avec ce dernier l’anthropomorphisation et le détournement d’un objet du quotidien a priori inoffensif.

La bande originale de « Tondre Passion », que j’ai composée, s’inspire principalement de celles de John Carpenter (compositeur sur la majorité de ses films), et de John Harrisson (Day of the Dead, 1985).

Quelles ont été les conditions de tournage ?

Le tournage a duré une semaine et s’est déroulé au parc du Grand Blottereau, à Nantes.

Il fut assez difficile, car nous avons majoritairement eu de la pluie pour un tournage à 80% en extérieur et en lumière naturelle. Mais grâce au courage de l’équipe technique, nous avons réussi à boucler un film techniquement ambitieux, qui a nécessité de multiples effets visuels (effets gores plastiques, SFX, VFX…).

Quels enseignements retenez-vous de la réalisation de ce film ?

Ce qui devenu clair, et concret pour nous, c’est que la réussite d’un film dépend non pas de quelques individualités mais du courage de l’équipe technique et du collectif.

En théorie, cela peut sembler une évidence, le cinéma étant un art collectif, mais la mise en pratique permet de mettre le doigt dessus. C’est d’ailleurs un aspect qui peut être difficile à gérer lorsque l’on se frotte à la réalité d’un tournage pour la première fois.

Comment votre film a-t-il été accueilli auprès de votre public ?

« Tondre Passion » a reçu le prix de la meilleure mise en scène au jury CinéCréatis (2015), qui en a reconnu les choix plastiques singuliers en adéquation avec les intentions artistiques et thématiques affichées.

Le film a ensuite été projeté dans plusieurs festivals, dont Retour à l’Anormal 2015 (La Rochelle), Courts dans la vallée 2015 (Prémian), le Festival international des effets spéciaux 2016 Effets Stars (Montpellier), Court Roulette 2017 (Rennes), et a obtenu la mention spéciale du jury au Horrorvision Trash Film Festival 2015 de Barcelone (avant d’être rediffusé à Horrorvision Panamá en 2016).

Il a également été diffusé par l’OPCAL à Mayenne en 2016, et à plusieurs reprises par l’association Court en Bar à Nantes et ses environs depuis 2015.Lors des projections en salles, le public a très bien reçu le film : il a ri, crié de dégoût (parfois les deux en même temps), et était totalement en phase avec le personnage de la tondeuse : ce fut pour nous un véritable plaisir !

Ce film est l’aboutissement de 3 années d’études au sein de l’école CinéCréatis. Que retenez-vous de votre parcours ?

CinéCréatis m’a appris, grâce au tronc d’enseignement commun, à appréhender un large spectre des métiers du cinéma, avant de me permettre de me spécialiser ensuite.

J’aime l’idée que la réalisation n’est pas l’apanage d’un corps de métier, que tout le monde peut aspirer à réaliser un film, quel que soit son poste de prédilection dans le cinéma.

Cela m’a inspiré, dans la mesure où pour travailler au sein d’une équipe de cinéma, et encore plus pour en diriger une à la réalisation, il est indispensable de savoir parler à tous ses membres, et donc de connaître les problématiques que chacun rencontre dans sa spécialité.

C’est à mon sens une condition indispensable au respect de l’autre, et donc à la réussite du film.

* Film mettant en scène un tueur psychopathe, pourchassant des jeunes gens

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