Dans le cadre de leur troisième année à CinéCréatis Bordeaux, les étudiants sont amenés à réaliser un projet phare : la conception et la production d’un spot publicitaire. Cet exercice, pensé comme une immersion dans les réalités du secteur audiovisuel, demande à la fois rigueur, créativité et sens du travail collectif. Cette année, l’un des groupes a su dépasser le cadre académique pour transformer son projet en une véritable opportunité de diffusion nationale.
Leur sujet s’inscrit dans une problématique de santé publique : promouvoir le don de plasma pour l’Établissement Français du Sang. Si le don de sang est aujourd’hui bien identifié par le grand public, le plasma reste encore méconnu, malgré son rôle essentiel dans la fabrication de nombreux médicaments et dans le traitement de pathologies lourdes. Face à ce constat, les étudiants ont fait le choix d’une approche originale, en s’éloignant des codes institutionnels classiques.
L’idée centrale du projet repose sur une observation simple et universelle : la peur de la piqûre. Ce réflexe, presque instinctif, traverse toutes les générations et constitue un frein réel au don. Plutôt que de chercher à nier cette peur, les étudiants ont décidé de la détourner en l’exagérant, en la rendant absurde, pour mieux la déconstruire.
Le film met en scène trois personnages, chacun appartenant à une tranche d’âge différente, afin de toucher un public large. Une femme se débat en pleine nature face à une invasion de moustiques, un jeune adulte se blesse en manipulant un cactus lors d’un déménagement, et un homme plus âgé se retrouve victime d’une punaise dans son bureau. Ces situations, volontairement amplifiées, reposent sur un comique visuel et immédiat qui capte rapidement l’attention du spectateur.
Le choix de l’humour n’est pas anodin. Il permet d’aborder un sujet potentiellement anxiogène avec légèreté, sans pour autant en diminuer l’importance. Le rire devient ici un outil de sensibilisation, capable de créer une connexion émotionnelle avec le public tout en facilitant la mémorisation du message.
La structure du spot repose sur une mécanique narrative efficace. Les scènes s’enchaînent rapidement, chacune mettant en avant une piqûre subie, jusqu’à créer une attente chez le spectateur. Cette progression trouve sa résolution dans la scène finale, qui marque un tournant dans le récit. Les trois personnages se retrouvent dans une Maison du Don, allongés, prêts à donner leur plasma. Le contraste est immédiat : les cris et l’agitation laissent place au calme et à la sérénité.
Cette scène finale agit comme une révélation. La piqûre, jusque-là associée à la douleur et à la peur, devient un acte choisi, porteur de sens et de solidarité. Le message est clair : toutes les piqûres ne se valent pas, et certaines peuvent littéralement sauver des vies.
La qualité du spot a rapidement attiré l’attention de l’équipe de l’Établissement Français du Sang à Bordeaux. Séduits par la pertinence du concept et par la maîtrise de sa réalisation, ils ont décidé de donner une visibilité nationale à cette publicité. Une reconnaissance exceptionnelle pour un projet étudiant, qui témoigne du professionnalisme et de l’engagement de l’équipe.
Au-delà de cette réussite, ce projet illustre la capacité des jeunes créateurs à renouveler les codes de la communication. En s’appuyant sur des références contemporaines et en privilégiant une approche accessible, les étudiants ont su proposer un film à la fois efficace et impactant.
Ce spot est également le fruit d’un travail collectif important. Chaque pôle, de la production à la postproduction, a joué un rôle déterminant dans la réussite du projet. Malgré des contraintes de budget, de temps et de logistique, l’équipe a su faire preuve d’adaptabilité et de créativité pour mener à bien cette réalisation.