Emilien Lafond

Promotion 2017

Intermittent cadreur, chef opérateur, assistant caméra

Après une courte carrière professionnelle dans le domaine des assurances à Niort, Emilien Lafond (32 ans) a résolument changé de voie afin d’entreprendre des études à CinéCréatis Nantes. Objectif : vivre de sa passion pour le cinéma.

Emilien Lafond
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interview Emilien Lafond ancien étudiant cinécréatis

Retour sur les années CinéCréatis

Comment en êtes-vous arrivé aux études de cinéma ?

Quand j’étais ado, avec les copains on faisait des figures en scooter, du stunt. On faisait des montages vidéo de nos cascades. Montage, mixage, cela me plaisait vraiment. Mais je ne suis dit que je ne pourrais pas rentrer dans ce milieu sans avoir fait de prépa. Et puis il y avait un gros frein financier, je n’avais que ma maman pour m’aider. J’ai donc fait un BTS informatique. J’ai travaillé trois ans en tant qu’analyste-développeur dans les assurances à Niort. C’était une forme de sécurité. J’ai mis de l’argent de côté puis je me suis lancé en sachant que j’avais un back-up informatique derrière et que je pourrais retrouver du travail au cas où.

Pourquoi avoir choisi CinéCréatis ?

Démission de mon travail, recherche d’écoles au travers de plusieurs salons, je cherchais dans l’ouest. Financièrement, j’étais autonome mais limité. Partant de là, j’ai vu que CinéCréatis proposait une formation accessible qui surtout me permettait d’avoir un programme complet avec les bases puis dans un deuxième temps la possibilité de se spécialiser dans un département.

Au début, j’étais plus post-production mais finalement j’ai choisi la section image. Un métier de terrain, la caméra n’est pas le seul outil, il y a beaucoup de paramètres autour. Il faut savoir s’adapter au contexte.

Quels conseils donneriez-vous aux futurs élèves de CinéCréatis ?

L’école permet d’intégrer un idéal artistique. Entre les profs et les élèves, la distance se restreint au fur et à mesure. Si les étudiants se donnent à fond, ils s’apercevront qu’il ne faut pas forcément de gros moyens pour développer quelque chose d’artistique. Il faut être à la fois autonome et débrouillard mais on n’est jamais seul. Professeurs et élèves recherchent la même chose : finaliser un projet.

Parcours professionnel

Comment s’est déroulée votre intégration dans le monde professionnel ?

Je n’avais pas vraiment de réseau. Je suis sorti en bossant pour une boîte de locations caméras, lumières, machineries. Cela permet en tant que technicien image d’avoir un panorama complet du matériel, de se mettre totalement à niveau. Grâce à cette entreprise qui faisait aussi de la production, j’ai pu partir sur des tournages.

Chemin faisant, j’ai travaillé sur de petits projets même bénévolement. J’ai rencontré des gens, tissé mon réseau, participé à des courts-métrages. C’était en quelque sorte une quatrième année d’intégration. Il faut tourner, tourner encore et toujours, les choses se débloquent. Puis j’ai rencontré Colin Wandersman, ce fut le déclic. Informaticien et spécialiste de l’image, cela l’intéressait.

Il semble que vos activités ont été multiples : Besson Prod, Netflix, Canal + avec Groland et bien d’autres ?

Oui ! Au total, à ce jour, j’ai collaboré à 80 projets bénévolement ou professionnellement. J’ai eu de la chance de travailler avec des personnes avec qui je m’entendais plutôt bien.

Pourquoi faire du bénévolat ?

C’est hyper important de retourner terre à terre (sic) ! On ne gagne pas d’argent mais on se lâche artistiquement. J’ai l’impression que plus il y a d’argent moins on pense à l’artistique, moins cela nous anime.

Quels sont les compétences que vous devez afficher pour exercer votre métier ?

En premier lieu, l’humain est important. Vous devez être éveillé, à l’écoute, comprendre et poser des questions si vous n’avez pas compris. Ensuite, il faut être rigoureux. Je suis à la caméra, on a droit à zéro erreur. Il faut optimiser sa rigueur ! Ainsi, on se fait remarquer.

Actuellement qu’en est-il ?

Je suis cadreur, chef opérateur, assistant caméra, cela dépend du niveau de tournage. Je suis intermittent du spectacle depuis trois ans.

Dans quel état d’esprit êtes-vous ?

Je suis hyper content. J’ai quitté un boulot hyper stable dans les assurances, royal (sic) économiquement pour l’intermittence. C’est dur avec un nombre d’heures à effectuer tous les ans mais je m’y retrouve totalement. `

Avec la pandémie, ce n’est pas trop angoissant ?

Cela tourne encore. Même s’il y a bouchon au niveau de la distribution, les « boîtes de loc » sont à fond, la production et la post-production fonctionnent. Je dis aux jeunes, ne perdez pas espoir ! Il y aura toujours un avenir dans le cinéma ! Il faut bouffer du tournage.

En conclusion

Une expérience qui vous a marqué ?

Il y a un truc super qui s’appelle Kino Kabaret. En six jours, on tourne, on tourne, on mixe, etc. A la fin de la semaine on est diffusé dans un cinéma. J’ai fait cela en Suisse. C’est une super expérience, on se rapproche de l’humain et j’ai fait de belles rencontres. Pour le réseau, c’est top.

Et puis un coup de cœur sur lequel j’ai bossé bénévolement qui s’appelle Je t’aime. C’est un court-métrage plan-séquence de 17 minutes, caméra à l’épaule. Moi je faisais le point focus manuel. Un gros challenge !

Votre actualité ?

Deux films, auxquels j’ai participé en tant qu’assistant caméra, doivent sortir dès que la situation sanitaire le permettra : Canailles avec François Cluzet et Cœur Vaillant avec Camille Cottin.

Un rêve ?

Depuis un moment, le métier de cadreur et directeur de la photo, ont été regroupés sous l’appellation chef-opérateur. Dès lors, je voudrais tourner un long-métrage avec un copain : lui serait directeur de la photographie et moi cadreur. Ce sont deux métiers distincts qui, à mon sens, embellissent la mise en scène.

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Pour le suivre

Instagram : @emilmatique

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