Manifesto
INFOS
- thème Film de Fin d'Études
- formation 3ème année
- durée 11:56
SYNOPSIS
1974. Au lendemain de l’élection d’un président autoritaire, Matthias, jeune photographe, découvre une assemblée étudiante dans l’amphithéâtre de son village. Agnès y appelle à résister, mais Henri, fils du préfet, s’oppose à elle et divise le groupe. L’irruption de Zyed, le frère d’Agnès, fait basculer la situation...
Coulisse dans une mise en scène pensée comme un geste politique
Le film Manifesto film ne repose pas seulement sur un récit politique, mais sur une volonté très assumée de faire de la mise en scène elle-même un acte politique. Chaque chef de poste ne se contente pas d’accompagner l’histoire : il la prolonge, la traduit, parfois même la radicalise. Le projet repose sur une idée simple mais exigeante : raconter un basculement, celui d’une jeunesse qui passe de la parole à l’action, et faire en sorte que ce basculement soit perceptible dans chaque choix technique. Tout est pensé pour que la forme ne soit jamais décorative, mais signifiante.
Le cadre : du contrôle au chaos
Le travail du cadre est sans doute l’un des plus révélateurs de cette intention. Le cadreur construit littéralement deux films dans un seul, en opposant une caméra fluide, maîtrisée, presque contemplative, à une caméra épaule brutale et instable. Ce n’est pas un effet de style gratuit, mais une manière de matérialiser le passage d’un monde encore structuré à un monde qui se fissure, puis explose. Les longs plans-séquence participent de cette immersion en empêchant toute distance critique immédiate : le spectateur est contraint de rester dans le flux, dans la durée, dans la tension des échanges.
Ce travail est renforcé par une réflexion très précise sur la composition de l’image. Le choix du ratio 1.66 permet de jouer sur la verticalité et sur les rapports de force entre les corps. Le cadre devient un espace de confrontation idéologique. Lorsque la caméra se resserre progressivement sur Agnès, cela traduit autant une intensification émotionnelle qu’un isolement politique. À l’inverse, dans la séquence de la place, la caméra perd volontairement ses repères, comme si elle était elle-même emportée par les événements, donnant au chaos une dimension presque physique.
La lumière : du réel à l’abstraction
La lumière prolonge cette logique en travaillant elle aussi sur une forme de rupture. Le choix de commencer en pellicule couleur 16mm ancre le film dans une matérialité historique très forte. Il ne s’agit pas seulement de reconstituer les années 70, mais d’en retrouver la texture, la vibration, l’imperfection. Cette entrée en matière agit comme une archive vivante, presque documentaire.
Le passage au noir et blanc numérique marque alors une bascule. L’image devient plus abstraite, plus radicale dans ses oppositions, comme si le monde se simplifiait brutalement en blocs antagonistes. Ce glissement visuel accompagne le durcissement du récit. La manière dont certains personnages sont éclairés, notamment Henri en contre-jour, participe à cette construction symbolique. Sa silhouette se détache sans jamais être complètement révélée, ce qui installe une ambiguïté et une forme de menace diffuse.
Le son : entre oppression et mémoire
Le son agit comme une couche invisible mais essentielle de la mise en scène. La radio, qui ouvre le film, incarne une parole officielle, froide et distante, qui impose un cadre politique sans jamais se confronter directement aux individus. Elle crée une sensation d’oppression diffuse, presque systémique.
À l’inverse, les silences et les ambiances naturelles permettent de recentrer l’attention sur les personnages, sur leurs doutes, leurs hésitations. Le motif du déclenchement de l’appareil photo joue un rôle particulièrement fort : il revient comme une ponctuation sonore, marquant les moments de bascule. Ce bruit devient le signe que l’instant est en train d’être figé, transformé en mémoire. La photographie n’est plus seulement un outil narratif, mais un acte de résistance.
Les décors : des espaces qui racontent le conflit
Les lieux du film ne sont jamais neutres. L’amphithéâtre représente un espace de parole collective, encore structuré, presque démocratique dans son organisation. La place du village devient au contraire une arène où les idéologies s’affrontent physiquement. Quant à l’imprimerie, elle marque un tournant : c’est le lieu où la parole se transforme en action, où l’image devient un outil militant.
Au fil du récit, ces espaces évoluent dans leur perception. Ce qui était ouvert devient étouffant, ce qui semblait collectif devient conflictuel. Les décors accompagnent ainsi le glissement du film vers une forme de radicalisation.
Les moyens techniques : maîtriser le désordre
Les choix techniques témoignent d’une ambition très claire. L’utilisation d’une caméra comme l’Alexa Mini LF, associée à des optiques précises et à un travail poussé sur les filtres, montre une volonté de contrôle fin de l’image. Même dans les séquences les plus chaotiques, rien n’est laissé au hasard.
Ce qui est particulièrement intéressant, c’est que le film donne parfois l’impression d’une grande spontanéité, voire d’improvisation, alors qu’il repose en réalité sur une préparation très rigoureuse. Le désordre visible à l’écran est construit, pensé, organisé. C’est précisément cette tension entre maîtrise technique et sensation de chaos qui donne sa force au projet.
Une cohérence d’ensemble rare
Ce qui se dégage finalement, c’est une cohérence globale entre tous les départements. Le cadre, la lumière, le son, les décors et les choix techniques racontent tous la même chose, mais chacun avec son langage propre. Le film ne cherche pas à délivrer un message simpliste, mais à faire ressentir une montée en tension, une transformation.
Crédits
Équipe technique
RÉALISATEUR : Mattéo WEBER
1ÈRE ASSISTANTE RÉALISATEU : Mathilde SALA
2ÈME ASSISTANT RÉALISATEUR : Alexandre CAILLET
3ÈME ASSISTANT RÉALISATEUR : Maël LAGLAINE
SCRIPTE : Thibault ARLES
CHEFFE DE FILE #1 : Mheȏ LOUISAR
CHEF DE FILE #2 : Laurie CARRON
DIRECTRICE DE CASTING : Mheȏ LOUISAR
ASSISTANT CASTING : Nathan ALENDROIT
DIRECTRICE DE PRODUCTION : Clara LUCOT
ASSISTANTE DE PRODUCTION : Olivia LATCHER
COMMUNITY MANAGER : Hedi KAZHRI
COMMUNITY MANAGER : Carla GARCIA
VIDÉASTE MAKING OF : Hedi KAZHRI
PHOTOGRAPHE PLATEAU J5, J6, J7 & J8 : Elsa RIMLINGER
RÉGISSEUSE GÉNÉRALE : Katiana GOBBER
RÉGISSEUR ADJOINT : Ignace
ASSISTANT RÉGIE ADJOINT #1 Jl, J2, J8 : Zoé NEYENS
ASSISTANT RÉGIE ADJOINT #2 J5, J6, J7, J8, J9 : Noguera Gauthier
ASSISTANT RÉGIE ADJOINT #3 J3 : Quero Romane
ASSISTANT RÉGIE ADJOINT #4 J5, J6, J7, J8, J9 : Érine Vitoria
ASSISTANT RÉGIE ADJOINT #S J5, J6 : Marie Pierre
ASSISTANT RÉGIE ADJOINT #6 Jl, J2 : Tardieu Hugo
ASSISTANT RÉGIE ADJOINT #7 J3 : Gilly Grégoire
ASSISTANT RÉGIE ADJOINT #8 J7, J8,J9 : Linda Anthony
DIRECTRICE DE LA PHOTOGRAPHIE : Milena POURPRE
CADREUR : Fabien SAMMARCELLI
lÈRE ASSISTANTE CAMÉRA : Jade GARONDO
2ÈME ASSISTANTE CAMÉRA : Jade SCHNEYLIN
3ÈME ASSISTANT CAMÉRA : Anatole COSTE
2ND 3ÈME ASSISTANT CAMÉRA : Clarence LECOU
D.I.T J5, J6, J7 & J8 : Ilona BAUNARD
D.I.T Jl, J2, J3 & J4 : Nathan GALAN
CHEFFE ÉLECTRICIENNE : Nolwenn NICOD
ÉLECTRICIEN #1 : Nathan ALENDROIT
ÉLECTRICIEN #2 : Maëlys LAINE
ÉLECTRICIEN #3 : Malo TAULELLE
RENFORT ÉLECTRICIEN : Rémi Tropé
CHEF MACHINISTE : Kylian GAYRAUD
MACHINISTE #1 : Johan AMODÉO
MACHINISTE #2 : Gabin DE COSTER
MACHINISTE #3 Jl J2 J3 J4 : Camille BOHREN
MACHINISTE #3 J5 J6 J7 J8 : Valentin SZEZEPANIAK
RENFORT MACH #l J7 J8 : Pablo LANSADE
RENFORT MACH #2 J7 : Alan LE BIHAN
CHEF DÉCORATEUR : Anthony HENRY
1ÈRE ASSISTANTE DÉCORATION : Maëlys LAINE
ENFORT DÉCORATION #1 : Mila THOYER
RENFORT DÉCORATION #2 : Clarence LECOU
RENFORT DÉCORATION #3 : Camille BOHREN
ENSEMBLIÈRE : Valentine RUCHOT
CHEFFE ACCESSOIRISTE : Gerheta JUPITER
ACCESSOIRISTE : Alicia NEVERS
CHEF COSTUMIER : Théo ROUVIER
ASSISTANT COSTUMIER J4 J5 J6 J7 J8 : Mathieu ROBERT
HABILLEUR #1 : Mheȏ LOUISAR
HABILLEUR #2 : Laurie CARRON
RÉGISSEUR D'EXTÉRIEUR TOURNAGE : Nicolas GUICHARD
INGÉNIEUR DU SON J5, J6, J7, J8 : Manuel MOURET
INGÉNIEUR DU SON J1, J2, J3, J4 : Fabio CLAVIER
ASSISTANT OPS JS, J6, J7, J8 : Fabio CLAVIER
ASSISTANT OPS J2, J2, J3, J4 : Antoine BERKÉ
MIXEUR SON : Manuel MOURET
DIRECTRICE DE POST-PRODUCTION : Cassandra Chevalier
CHEF MONTEUR : Théo RICHEUX
ASSISTANT MIXEUR : Nicolas GUICHARD
ÉTALONNEUR : Nathan GALAN
SUPERVISEUR VFX : Cassandra Chevalier
VFX ARTIST #1 : Cassandra Chevalier
VFX ARTIST #2 : Paul Navarro
VFX ARTIST #3 : Sam Quiles
MAQUILLEUSE - COIFFEUSE : JAUNE Gaelle
Liste Artistique
Agnès : Elisa FIANT
Matthias : D'jim DE WALSCH
Henri : Joffrey FERRANDIZ
Gaspard : Romain RIONNET
Lucien : Mathis VIRELY
Jeanne : Silvia FERRO
Zyed : Ryan DEGERT