Noueuses Racines

INFOS

  • thème Fiction
  • formation 1ère année
  • durée 4:09

SYNOPSIS

Dans un monde entre réalisme et légende, Guy, 16 ans, vit hanté par la disparition de sa mère, enlevée selon les rumeurs par l’esprit de la forêt. Étouffé par un père autoritaire, il part seul dans les bois pour la venger. Mais sa quête prend alors un tournant inattendu...

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Noueuse racines : un parallèle subtil entre croyances populaires et réalités sociales.

Derrière Noueuses Racines, se cache une démarche artistique beaucoup plus dense qu’il n’y paraît. À travers ses différentes notes d’intention, le film révèle une volonté forte : utiliser les codes du fantastique pour raconter une réalité profondément humaine, sociale et intime.

Dès l’écriture, le projet s’ancre dans un univers médiéval, non pas pour faire un simple film d’époque, mais pour mettre à distance une problématique contemporaine : la violence intra-familiale. Le choix du XIIIe–XIVe siècle permet de créer un parallèle subtil entre croyances populaires et réalités sociales.

L’élément fantastique  « l’esprit de la forêt » agit comme un voile. Il représente à la fois une explication irrationnelle à des disparitions, mais surtout une construction mensongère, entretenue par le père pour garder le contrôle.

Dans les coulisses de la création, cette idée est centrale : le monstre n’est pas celui que l’on croit. Le film joue donc sur une inversion des attentes, transformant une quête héroïque en révélation tragique.

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Une direction de personnages très incarnée

Le travail d’écriture des personnages révèle une vraie réflexion en amont du tournage.

  • Guy, le fils, incarne l’innocence et la naïveté. Sa quête de vengeance est nourrie par les récits imposés par son père. En coulisses, cela se traduit par un jeu retenu, peu bavard, mais traversé d’émotions internes.
  • Le père est pensé comme une figure complexe : violent, mais aussi marqué par sa propre histoire. La note d’intention insiste sur son rapport à la peur de l’abandon, ce qui nuance sa brutalité. Ce n’est pas un “méchant” caricatural, mais un homme enfermé dans un cycle de violence.
  • La mère, enfin, est le cœur du renversement narratif. Sa représentation visuelle, robe blanche tachée, apparence presque irréelle, participe à l’ambiguïté : esprit ou survivante ? victime ou figure salvatrice ?

Ce travail de caractérisation influence directement la mise en scène : chaque costume, chaque trace sur le corps (bleus, saleté) raconte déjà une partie de l’histoire.

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Une mise en scène pensée par contrastes

L’un des aspects les plus intéressants en coulisses est le contraste très net entre les espaces :

  1. L’intérieur : immobilité et oppression

La maison paysanne est filmée à travers des plans fixes et longs, baignés d’une lumière chaude mais étouffante, issue des bougies et du feu, tandis que le décor, pauvre, sale et presque figé, renforce cette impression d’immobilité. Ce choix crée une sensation paradoxale : un lieu censé être rassurant devient l’espace même de la tension et du danger.

  1. L’extérieur : mouvement et angoisse

À l’inverse, la forêt est traitée comme un espace vivant, à travers une caméra portée aux mouvements brusques, un montage saccadé et des sons amplifiés comme les craquements, vent, animaux, etc, qui plongent le spectateur dans la panique de Guy. Pourtant, c’est aussi dans cet espace inquiétant que se loge la vérité, et potentiellement la libération. Ce contraste constitue un choix de réalisation fort : le foyer apparaît finalement plus dangereux que la forêt.

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Le son comme vecteur d’émotion

Le dépouillement sonore révèle un travail très précis en coulisses, où le son n’est pas simplement réaliste mais pleinement narratif. À l’intérieur, des bruits répétitifs et un léger bourdonnement traduisent une routine pesante et oppressante. Dans la forêt, l’amplification des sons naturels, accompagnée de l’apparition de bruits inquiétants, installe progressivement une montée de l’angoisse. La musique, construite autour de cordes frottées, épouse quant à elle l’état psychologique de Guy : lente et lourde, elle souligne la tension familiale, puis s’intensifie en un crescendo lors de la peur et de la fuite, avant de s’apaiser dans la révélation finale.

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Un tournage contraint mais maîtrisé

Le film a été tourné en deux jours seulement, ce qui impose une organisation rigoureuse.

  • Le jour 1, à intérieur de la maison, l’enjeu était sur la maîtrise de la lumière artificielle et sur le travail des différents cadres.
  • Le deuxième jour, en extérieur, le tournage devait être fait à l’aube afin d’obtenir une lumière naturelle faible Ce choix de tourner tôt le matin est révélateur : il permet d’obtenir une ambiance visuelle authentique sans artifices lourds, tout en renforçant l’atmosphère mystérieuse.

Le matériel utilisé (caméra Sony A7III, objectifs fixes 24/50/85mm) permet de jouer sur la profondeur et les focales.

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Une œuvre engagée sous couvert de conte

Dans ce court métrage, chaque plan est pensé pour être utile. Le découpage technique révèle une progression claire, une montée en tension constante et une importance particulière accordée aux gros plans émotionnels. Le film repose ainsi sur une écriture visuelle efficace, où le non-dit prend le dessus sur les dialogues.

Au-delà de l’esthétique, Noueuses Racines porte un message fort en dénonçant la banalisation des violences domestiques, en questionnant les récits imposés, qu’il s’agisse de mensonges ou de croyances, et en mettant en lumière des figures féminines qui se reconstruisent en dehors du système. La “communauté de femmes” dans la forêt devient ainsi un symbole puissant : un espace de solidarité et de reconstruction, à l’opposé du foyer patriarcal.

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le véritable danger n’est pas dans la forêt…

Les coulisses de Noueuses Racines révèlent un projet ambitieux. À travers une direction artistique cohérente, un travail sonore précis et une mise en scène contrastée, le film parvient à transformer un récit fantastique en critique sociale subtile : le véritable danger n’est pas dans la forêt, mais dans ce que l’on accepte comme normal.

Crédits

Équipe technique

Scripte : Amiaud Nadia

Responsable lumière : Campbell Liam

Responsable Cadre : Delautre Timéo

Régie et décoration : Encrenaz-Zanotti Marion

Assistant réalisateur : Favroult Pierre

Réalisatrice : Jourdain Flora

Assistante son et monteuse : Peron Amandine

Responsable Son : Sauvage Aziliz

Renfort régie : Aguillon Lilwenn

Renfort régie : Debackere Raphaël

Renfort régie : Jourdain Anaïs

Renfort régie : Pointet Salomé

Liste artistique

Mère de Guy : Qiao Vimenet Amélie

Père de Guy : Bellion Marc

Guy : Douchin Nolan

Figurantes : Vallin Lou

Figurantes : Hennet - Huiban Manon

Figurantes : Lardeux Sarah

Figurantes : Bacon Anabelle

Figurantes : Anaïs Jourdain