Crawler
INFOS
- thème Fiction
- formation 3ème année
SYNOPSIS
Et si les résultats de nos recherches internet étaient collectées par des humains ? Karl, un employé de bureau surmené, est chargé par son supérieur de collecter rapidement des documents. Mais dans les dédales de couloirs bondés d’employés tout aussi affairés et les bibliothèques labyrinthiques, cette simple mission pourrait se révéler plus compliquée que prévue…
Comment représenter Internet sans montrer un seul ordinateur ? C’est le défi artistique et technique que relève CRAWLER, le court-métrage réalisé par Cian Tschaen. À partir d’une idée simple, personnifier les mécanismes d’une recherche en ligne, le film imagine un immense complexe de bureaux, d’archives et de couloirs peuplé d’employés affairés. Derrière cette proposition singulière se trouve un travail collectif où chaque département contribue à donner vie à un monde qui n’existe pas.
Une idée née d’une envie de transmission
À l’origine du projet, Cian Tschaen souhaite poursuivre une démarche didactique, mais en s’éloignant des codes du documentaire classique. Son intention est de partager des connaissances sur le fonctionnement du Web tout en privilégiant l’humour, l’aventure et la fiction. Plutôt que d’expliquer directement les protocoles informatiques, il choisit de les transformer en personnages et en situations concrètes.
Cette approche impose une règle fondatrice : le monde représenté ne doit appartenir à aucune époque clairement identifiable. Les machines anciennes, les fax, les documents papier et les références numériques cohabitent dans un univers volontairement intemporel. L’absence d’ordinateurs à l’écran permet de matérialiser le Web sans enfermer sa représentation dans une interface informatique traditionnelle.
Imaginer un bâtiment sans fin
La direction artistique repose sur une architecture monumentale, faite de couloirs répétitifs, de halls immenses et de bibliothèques d’archives. Les espaces doivent donner l’impression d’une structure sans issue, où l’information circule continuellement. Le contraste avec le parc verdoyant de la scène finale souligne la séparation entre la représentation fictive du Web et le monde réel.
Pour rendre ces lieux crédibles malgré les contraintes de production, l’équipe combine décors réels et fonds verts. Les couloirs et espaces plus restreints peuvent être tournés dans des bâtiments existants, notamment à proximité de l’école. Les halls démesurés, plus difficiles à trouver ou à construire, sont complétés numériquement.
La décoration joue un rôle narratif essentiel. Les bureaux caractérisent les personnages : celui de Sally Chandra est encombré de dossiers, tandis que celui du scribe est organisé avec une précision presque obsessionnelle. Les livres, classeurs, clés, cartes et machines anciennes donnent une matérialité au système informatique. Même les accessoires fabriqués spécifiquement pour le film participent à cette illusion, en mélangeant des objets de différentes époques dans un ensemble cohérent.
Composer l’image et maîtriser la lumière
Le travail de cadrage privilégie les plans fixes, les compositions symétriques et les objectifs grand-angle. Ces choix rendent perceptible l’immensité des lieux et permettent au spectateur d’observer plusieurs actions simultanément. Les figurants ne sont donc pas de simples éléments de décor : leurs déplacements donnent l’impression que des milliers d’opérations se déroulent en parallèle.
La lumière accompagne cette étrangeté. Les intentions privilégient une atmosphère lumineuse, des températures de couleur plutôt froides et quelques nuances de vert inspirées notamment de l’univers de Matrix. L’objectif est de conserver un monde surprenant, mais bienveillant, sans basculer dans une esthétique ouvertement dystopique.
Les effets visuels au cœur du dispositif
Les effets visuels représentent l’un des principaux enjeux du film. Le projet a prévu plus d’une quinzaine de plans nécessitant un travail numérique. Il a fallu prolonger les espaces, créer des architectures impossibles et renforcer la présence de la foule, tout en conservant une continuité visuelle entre les décors réels et les environnements fabriqués en images de synthèse.
Cette exigence se prépare dès le tournage. Les cadres sont pensés en concertation avec la supervision VFX, les mouvements de caméra sont limités sur les plans concernés et les informations techniques nécessaires à la reconstruction des décors sont relevées avec précision. L’éclairage du fond vert et la gestion des objets réfléchissant cette couleur doivent également être maîtrisés pour faciliter l’incrustation en postproduction.
Faire entendre l’immensité
Le son complète ce que l’image ne peut montrer. Dans les halls et les couloirs, les pas, les conversations lointaines, les frottements de vêtements et les annonces réverbérées doivent suggérer une activité qui se poursuit hors champ. Le sound design devient particulièrement important pour les séquences tournées sur fond vert, où aucune foule réelle ne fournit d’ambiance naturelle.
La musique puise, quant à elle, son inspiration dans les trackers, ces logiciels historiques de composition musicale sur ordinateur. Cette référence prolonge le mélange des temporalités qui traverse tout le film.
Une création collective
Le montage doit enfin équilibrer la sensation d’immensité et le rythme comique. Les plans peuvent s’étirer pour laisser découvrir les décors, puis accélérer lorsque Karl enchaîne les tâches et les obstacles. La chute constitue un enjeu majeur : elle doit révéler le sens du voyage sans effacer les indices semés auparavant.
De l’écriture aux accessoires, de la lumière au son, en passant par les effets visuels et la postproduction, Crawler repose sur un dialogue constant entre les métiers du cinéma. Le budget limité, les décors difficiles à trouver et le grand nombre de personnages exigent anticipation et adaptation. C’est précisément cette collaboration qui permet de transformer une idée abstraite en expérience visuelle et sonore.
Au-delà de son concept, Crawler est ainsi une aventure de fabrication : celle d’une équipe qui cherche à rendre visible l’invisible et à rappeler, par le cinéma, qu’Internet reste un outil que l’on peut explorer, comprendre et interroger.
Crédits
Liste Technique
Réalisateur : Cian Tschaen
Scénaristes : Adriane Dupuis, Chloé Jouanneau, Cian Tschaen
Idée originale de : Cian Tschaen
Dir. Photographie : Lucille Dayan
Cadreur : Jules Glaymann
1ere Ass. Opératrice : Lénaïg Dutemple
Cheffe Electricienne : Lucille Dayan
Électricien : Anatole Planchenault
Renfort électricien : Gaëtan Bricaud
Chef machiniste : Antoine Breger
Renfort machiniste : Aidan Fondse
Chef. Op. Son : Arthur Mention & Lucas Lescouarch
Perchman / Ass. Son : Mathias Hebras
Superviseur VFX : Arthur Mention
Ass. VFX : Ewen Garat
Dir. de Production : Louis Le Rouzic
Ass. Production : Cholé Jouanneau
Régisseur Général : Ewen Garat
Régisseur adjoint : Louis Le Rouzic
Auxiliaires Régie : Gwendall Le Bail & Elwen Pondemer
Renfort régie : Enzo Mereno
1ere ass. réal : Chloé Jouanneau
2eme ass. Réal : Adriane Dupuis
Dir. de Casting & Chargée de figuration : Adriane Dupuis
Ass. Chargée de figuration : Dimitri Jarnoux
Scripte : Louis Le Rouzic
Cheffe déco : Lilou Chardon
Ass. Déco : Maïwenn Mahéo & Lucie Chardon
Accessoriste : Maïwenn Mahéo
Cheffe Costumière : Adriane Dupuis
Cheffe maquillage et coiffure : Emma Hercouet
Chef monteur : Mathias Hebras
Mixeur Son : Mathias Hebras
Dir. de post-prod : Arthur Mention
Chargé VFX : Arthur Mention
Chargé adjoint VFX : Cian Tschaen
Concepteur 3D : Cian Tschaen
infographiste Compositing : Arthur Mention
Renfort VFX : Camille Olivard, Chiara Orlando, Clémentine Cabit, Elwen Pondemer
Étalonneur : Mathias Hebras
Infographiste générique : Cian Tschaen
Créateur générique : Elwen Pondemer
Chargé de Communication : Louis Le Rouzic
Responsable Réseaux Sociaux : Arthur Mention
Graphiste : Arthur Mention
Photographe plateau : Ewen Garat
Musique originale composée par : Cian Tschaen
Liste Artistique
Karl : Arthur Pligot
Sally : Dani Melgoza
Lyse : Alana Cany
Scribe : Pierre Le Balleur
L’homme aux cookies : Aidan Fondse
Nerd 1 : Astrid Hemart
Nerd 2 : Gabriel Tesson
Nerd 3 : Cian Tschaen
Adolescente : Annaik Leborgne
Adolescent : Melvil Fagnère
Agent de sécurité Avast : Clémentine Pagniez