Doubout oubien mô
INFOS
- thème Documentaires
- formation 3ème année
- durée 21:55
SYNOPSIS
Depuis Août 2024, La Martinique est secouée par un mouvement de contestation populaire contre la vie chère. À travers différents éléments de la culture locale, le peuple martiniquais se réveille sous l’impulsion du RPPRAC et exprime sa colère.
portrait d'une Martinique debout face à la vie chère
« Doubout oubien mô » : « Soulève-toi ou meurs ». À travers cette expression créole martiniquaise, issue de la chanson de Kolo Barst, le documentaire réalisé par Solenne Plumelle pose d’emblée son intention : raconter la colère d’un peuple, mais surtout sa capacité à se rassembler pour défendre ses droits.
Depuis août 2024, la Martinique est secouée par un mouvement de contestation populaire contre la vie chère, porté notamment par le RPPRAC (Rassemblement pour la Protection des Peuples et des Ressources Afro-Caribéens). C’est au cœur de cette mobilisation que nous emmène DOUBOUT OUBIEN MÔ, un documentaire qui donne la parole aux habitants et aux acteurs de cette lutte.
Au-delà de la vie chère, une histoire à raconter
Le film s’intéresse d’abord aux conséquences concrètes de la vie chère sur le quotidien des Martiniquais. À travers plusieurs portraits, il met en lumière les difficultés rencontrées par des habitants aux profils différents : une jeune mère de famille qui peine à remplir son caddie, un couple de retraités confronté à l’augmentation des prix ou encore une cultivatrice qui témoigne des difficultés liées à la production locale et à l’importation des marchandises.
Le documentaire ne se limite toutefois pas à dresser un constat économique. Il cherche également à replacer cette situation dans une histoire plus large, en interrogeant les héritages du système colonial et les inégalités qui persistent entre la Martinique et la France hexagonale.
Trois grandes thématiques traversent ainsi le film : les conséquences du système colonial, la culture antillaise comme moyen d’expression de la colère et l’union comme arme face aux injustices.
Une culture qui devient le langage de la révolte
Pour raconter cette lutte, Solenne Plumelle fait le choix de mêler documentaire et séquences plus oniriques, inspirées des traditions culturelles martiniquaises.
Le film s’ouvre notamment sur un conteur qui, au cœur d’une forêt et autour d’un feu, narre en créole une histoire d’oppression et de résistance collective. Cette parenthèse fictionnelle, inspirée de la tradition orale antillaise, accompagne le spectateur tout au long du récit. Elle permet de faire dialoguer le passé et le présent, tout en apportant une dimension symbolique à la narration.
D’autres éléments culturels viennent enrichir cette approche. Le souffleur de conque, par exemple, devient une figure d’alerte et de rassemblement. La Montagne Pelée, volcan emblématique de l’île, est quant à elle associée à la colère populaire : ses grondements semblent répondre aux revendications des manifestants.
Le carnaval occupe également une place importante dans cette construction symbolique. À travers Vaval, la mascotte traditionnelle brûlée à la fin des festivités, le film évoque la libération et l’expiation des souffrances accumulées. Une manière de faire résonner la culture populaire avec les revendications sociales.
Une réalisation au plus près du réel
Sur le plan visuel, le documentaire alterne entre des séquences d’observation et des moments de mobilisation collective. La caméra à l’épaule accompagne les habitants dans leur quotidien, au plus près de leurs gestes et de leurs émotions. Les plans longs et le montage volontairement lent favorisent la spontanéité des échanges et l’authenticité des témoignages.
À l’inverse, les séquences plus symboliques privilégient une approche contemplative et mystérieuse. Le contraste entre ces deux formes de réalisation permet de faire coexister la réalité sociale et une représentation plus poétique de l’île.
Le travail sonore participe pleinement à cette immersion. Les bruits de la nature, les vagues, les chants des grenouilles, les ambiances des marchés et les grondements imaginaires du volcan deviennent de véritables éléments de narration. La musique de Kolo Barst accompagne les moments clés du film et renforce sa dimension militante.
L'union comme horizon
Au fil des rencontres et des manifestations, DOUBOUT OUBIEN MÔ fait émerger une idée centrale : face à des injustices profondément ancrées, la solidarité constitue une force essentielle.
Cette idée se retrouve notamment dans la séquence des pêcheurs tirant ensemble la senne, image symbolique de la puissance d’un groupe qui agit à l’unisson. Elle traverse également les manifestations, les échanges avec les représentants du RPPRAC et les scènes de carnaval.
En définitive, le documentaire adopte le point de vue d’un peuple qui refuse de subir et qui entend faire entendre sa voix. Plus qu’un témoignage sur un mouvement social, DOUBOUT OUBIEN MÔ est une invitation à regarder autrement la Martinique, son histoire, sa culture et ses combats contemporains.
Un film engagé qui entend informer, susciter l’indignation et rappeler que la lutte collective reste un moteur de changement.
Crédits
Équipe technique
Réalisatrice : Solenne Plumelle
Directeur de production : Jules Robles
1er assistant réalisatrice : Jules Robles
Régisseuse générale : Solenne Plumelle
Régisseur adjoint : Jules Robles
Régisseuse affiliée au catering : Huguette Gessot
Cheffe Opératrice : Cindy Schiavi
Cadreur : Tom Jung
Ingénieur du son : Jules Robles
Cheffe monteuse : Wendy K/Bidi
Assistante monteuse : Solenne Plumelle
Mixeuse : Thaïs Lefrèvre-Brian
Compositing Artist : Noé Ries
Étalonneuse : Cindy Schiavi
Responsable générique : Wendy K/Bidi
Graphiste logo & Affiche du film : Tom Jung
Traduction et sous-titrages : Igo Drané, Huguette Gessot, Solenne Plumelle
Musique originale : Kolo Barst
Le Conteur : Jocelyn Regina
Auteur du conte : Igo Drané
Compositrice : Amaëlle