Quand les anciens étudiants parlent de leur parcours, leurs témoignages racontent souvent bien plus qu’une simple insertion professionnelle. Ils permettent aussi de comprendre comment évoluent les métiers du cinéma et de l’audiovisuel, ce qui change concrètement sur le terrain, et ce que les nouvelles générations de créateurs doivent aujourd’hui apprendre à maîtriser.
Le parcours de Théo Richeux en est un bon exemple. Ancien étudiant de Cinécréatis, aujourd’hui digital compositor et IA artist chez Les Tontons Truqueurs, il fait partie de cette génération qui a vu les métiers de l’image évoluer à grande vitesse, notamment avec l’arrivée des nouveaux outils d’intelligence artificielle dans les workflows de production.
Ce qui frappe dans son témoignage, c’est d’abord la manière dont il parle de l’apprentissage. Pour lui, l’école n’a jamais été uniquement un lieu où acquérir des compétences techniques. Elle a surtout été un espace où apprendre à travailler avec les autres. Une réalité qu’il considère aujourd’hui comme essentielle dans son métier.
« On a appris à vivre ensemble, à travailler ensemble pour arriver jusqu’à un projet commun », explique-t-il en revenant sur ses années de formation. Car dans le cinéma, rappelle-t-il, aucun projet ne se construit seul. Derrière chaque tournage, chaque plan ou chaque effet visuel, il y a des équipes qui doivent apprendre à communiquer, à comprendre les contraintes des autres métiers et à avancer collectivement malgré les difficultés.
Cette expérience du collectif reste pour lui l’un des enseignements les plus importants de son parcours étudiant. D’autant plus dans un secteur où les productions deviennent de plus en plus complexes et hybrides, mêlant tournage, postproduction, animation, compositing et désormais intelligence artificielle.
Pendant ses études, Théo découvre progressivement l’univers des effets visuels grâce aux ateliers et aux projets réalisés en équipe. Un domaine qui l’attire rapidement pour une raison simple : rien n’y reste figé. Les outils changent sans cesse, les méthodes évoluent, et il faut constamment apprendre de nouvelles façons de fabriquer les images.
Aujourd’hui encore, cette évolution permanente fait partie de ce qui le motive dans son métier. Chez Les Tontons Truqueurs, il travaille notamment sur l’intégration des nouveaux outils d’intelligence artificielle dans les pipelines de production. Un sujet qui suscite beaucoup de débats dans l’industrie, mais qu’il aborde avec curiosité et recul.
Car il ne nie pas les inquiétudes qui traversent actuellement le secteur. Questions éthiques, protection du travail artistique, impact écologique : pour lui, ces discussions sont légitimes et nécessaires. Mais il refuse aussi de réduire l’IA à une menace systématique.
Ce qui l’intéresse avant tout, ce sont les nouvelles possibilités narratives que ces outils peuvent faire émerger. Certaines expérimentations visuelles récentes l’ont particulièrement marqué, notamment des créations jouant volontairement sur des rendus imparfaits, proches d’archives VHS ou de vidéos familiales, où l’étrangeté s’installe progressivement dans des univers très réalistes.
Selon lui, c’est précisément dans cette capacité à inventer de nouvelles esthétiques que l’intelligence artificielle peut devenir intéressante pour les créateurs. Non pas pour remplacer l’humain, mais pour ouvrir d’autres manières de raconter des histoires.
Et malgré toute cette fascination pour les technologies, Théo revient toujours au même point : l’essentiel reste l’humain. Dans les métiers de l’audiovisuel, insiste-t-il, les compétences techniques ne suffisent jamais. Il faut aussi savoir échanger, collaborer et construire avec les autres.
C’est d’ailleurs le principal conseil qu’il donnerait aujourd’hui à un étudiant qui souhaite se lancer dans le cinéma : rester curieux, expérimenter sans attendre qu’on lui demande, et aller chercher au-delà du cadre scolaire.
« Le travail ne s’arrête pas forcément à l’école », résume-t-il.
Une phrase qui traduit bien la réalité actuelle des métiers de l’image. Dans un secteur en constante transformation, apprendre ne s’arrête jamais vraiment. Les outils évoluent, les pratiques changent, les récits se réinventent. Mais certaines choses restent indispensables : la curiosité, le collectif et l’envie de continuer à créer avec les autres.
C’est justement ce parcours, entre passion de l’image, découverte du travail d’équipe et exploration des nouveaux outils numériques, que Théo Richeux raconte dans le portrait à découvrir ci-dessous.