INFOS

  • thème Film de Fin d'Études
  • formation 3ème année
  • durée 14:46

SYNOPSIS

Alison, 31 ans, mère célibataire et héroïnomane, fuit précipitamment son domicile avec son fils Jarvis et entraîne sa meilleure amie Vicky dans une cavale dont elle refuse de révéler la raison. À mesure que la nuit avance, les secrets d’Alyssa refont surface et Victoria comprend que cette fuite vers la plage cache un enjeu bien plus grave qu’une simple nuit sous les étoiles...

Avec My Shooting Star, l’équipe ne cherche pas simplement à raconter la fuite d’une mère et de son fils. Derrière ce road movie dramatique se construit une réflexion beaucoup plus large sur la dépendance, la maternité, l’amour et les liens qui peuvent devenir aussi nécessaires que destructeurs. Les différents pôles du projet poursuivent un même objectif : créer un univers cohérent dans lequel chaque choix artistique sert l’évolution émotionnelle des personnages.

my shooting star

Alison : raconter l’humain derrière l’addiction

Au centre du film se trouve Alison, une mère célibataire dépendante à l’héroïne. Le choix du personnage principal est volontairement complexe. Alison n’est ni une victime parfaite ni une mère idéale. Elle est un personnage autodestructeur qui aime profondément son fils mais qui se montre incapable de lui offrir la stabilité dont il a besoin.

L’intention du réalisateur Lúka Ouvrard est précisément de placer le spectateur dans cette contradiction. Il ne s’agit pas d’excuser Alison, mais de permettre au public de comprendre ce qui la pousse à agir ainsi. Son addiction est présentée moins comme le sujet unique du film que comme un élément qui détruit progressivement ses relations avec les personnes qu’elle aime.

Cette approche explique également pourquoi la drogue doit rester relativement en retrait visuellement. La séquence de la salle de bain est évidemment essentielle, mais l’enjeu n’est pas de montrer la consommation pour elle-même. Le véritable point de rupture est celui où Alison franchit une nouvelle limite vis-à-vis de son fils et de Vicky.

Le parcours d’Alison est donc pensé comme un chemin vers la responsabilité. Elle commence le film en tentant de conserver le contrôle sur sa situation. Elle décide de la destination, entraîne Vicky dans la fuite et veut protéger Jarvis selon ses propres règles. Mais progressivement, son autorité s’effrite.

Vicky : le regard extérieur qui devient moteur du récit

Vicky occupe une position particulière. Meilleure amie d’Alison et marraine de Jarvis, elle possède une relation affective forte avec les deux personnages. Mais elle représente également le regard extérieur dont le film a besoin.

Au début, Vicky est embarquée malgré elle. Elle ne comprend pas immédiatement l’ampleur de la situation et découvre progressivement la réalité de l’addiction d’Alison. Elle observe, questionne et tente d’aider son amie. Puis son rôle évolue.

Le réalisateur imagine ainsi un véritable déplacement du rapport de force entre les deux femmes. Alison est d’abord celle qui dirige le voyage. Mais Vicky devient progressivement celle qui agit, décide et assume les responsabilités qu’Alison n’arrive plus à porter. Cette évolution atteint son paroxysme lorsque Vicky intervient face à la rechute d’Alison.

Vicky devient alors presque une figure de substitution maternelle pour Jarvis. Le rapprochement entre eux n’est toutefois pas destiné à simplement remplacer Alison. Au contraire, il permet de faire comprendre à la mère ce qu’elle risque de perdre.

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Jarvis : l’innocence au milieu du conflit

À huit ans, Jarvis est un enfant passionné d’astronomie, mature pour son âge et particulièrement sensible aux émotions qui l’entourent. Son rêve d’observer une pluie d’étoiles filantes constitue le point de départ concret du voyage.

Mais les étoiles représentent également davantage qu’un simple objectif narratif. Elles offrent aux personnages une destination idéalisée, presque magique, au milieu d’une situation profondément dramatique.

Jarvis comprend beaucoup plus de choses qu’Alison ne le pense. Il ressent les difficultés de sa mère et en subit directement les conséquences. Son rapprochement avec Vicky devient ainsi essentiel : il découvre auprès d’elle une forme de stabilité et d’attention qui contraste avec l’instabilité de sa mère.

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Un road movie comme voyage intérieur

Le choix du road movie n’est pas uniquement esthétique. Le déplacement physique des personnages correspond à leur évolution psychologique.

La route devient un espace où les personnages sont obligés de parler, de se confronter et de faire tomber progressivement les masques. La voiture joue notamment un rôle particulier : espace clos au milieu de paysages ouverts, elle enferme les personnages ensemble et transforme les non-dits en conflits inévitables. L’équipe décoration souhaite donc en faire un véritable élément du récit, avec notamment l’idée d’utiliser une voiture ancienne à forte personnalité.

Le voyage mène finalement Alison vers un endroit qu’elle ne peut plus dépasser : la plage.

La plage : l’immensité comme prison

La plage constitue le décor le plus symbolique du projet. Elle représente simultanément la liberté et l’enfermement.

Alison a réussi à atteindre son objectif : elle est arrivée avec Jarvis à l’endroit où ils pourront regarder les étoiles. Pourtant, elle ne peut pas aller plus loin. La mer ferme l’horizon.

Cette opposition entre l’immensité du paysage et l’impossibilité d’avancer traduit directement l’état émotionnel d’Alison. Elle est arrivée au bout de sa fuite. Il ne lui reste plus qu’à accepter ce qui doit arriver.

La scène finale doit donc éviter le mélodrame facile. L’équipe souhaite privilégier une émotion plus retenue.

Une esthétique entre nostalgie et mélancolie

L’univers de My Shooting Star mélange volontairement plusieurs périodes. Les années 60, 70 et 90 nourrissent la direction artistique afin de créer un monde qui ne soit pas totalement réaliste.

L’objectif est de retrouver la légèreté et l’insouciance associées à l’imaginaire de la côte ouest américaine des années 60, tout en intégrant la contre-culture des années 70 et une dimension plus grunge, fataliste et nihiliste issue des années 90. Ces influences doivent donner au film une identité située quelque part entre le rêve et la réalité.

La décoration participe directement à cette intention. Les équipes ont souhaité mélanger des éléments contemporains avec des objets plus anciens, notamment grâce aux brocantes et aux vide-greniers. Le motel doit lui aussi posséder une identité propre et devenir un prolongement de cet univers nostalgique.

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L’image : enfermer les personnages dans l’immensité

L’esthétique choisie répond directement à la trajectoire d’Alison : elle est physiquement entourée par des espaces immenses, mais émotionnellement enfermée dans son addiction et dans ses propres choix.

L’alternance entre caméra portée et caméra fixe poursuit la même logique. La caméra portée doit traduire l’instabilité des relations, tandis que les plans fixes permettent d’observer les personnages et leurs émotions. L’équipe veut également utiliser les paysages pour montrer comment les corps évoluent dans leur environnement, parfois avec la sensation qu’ils sont presque écrasés par celui-ci.

La couleur comme traduction des émotions

La photographie repose également sur une logique émotionnelle.

Les séquences du voyage sont associées à une dominante jaune, couleur traditionnellement liée à la chaleur, au bonheur, à l’espoir et à l’imagerie américaine. Ce choix permet de créer un contraste avec la dureté du récit.

Lorsque la situation se dégrade, la palette évolue. La rupture de la promesse d’Alison est associée à un vert pâle plus inquiétant. Pour la plage, l’équipe privilégie un bleu pastel mélancolique.

La couleur accompagne donc directement la trajectoire émotionnelle du personnage.

La musique comme lettre d’une mère à son fils

La musique est l’un des éléments les plus personnels du projet. Plusieurs compositions originales ont été écrites pour le film, avec des influences allant de DeVotchKa à Elliott Smith, Bob Dylan ou Pulp.

Mais Shooting Star, qui donne désormais son nouveau nom au projet, possède une fonction particulière. La chanson doit être entendue comme une lettre d’Alison à Jarvis : une manière de lui dire qu’elle l’aime, tout en le rassurant sur le fait que leur séparation ne signifie pas la fin de leur relation.

Cette intention fait directement écho à la conclusion du film.

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La rédemption par le renoncement

Le choix narratif le plus important concerne probablement la fin du parcours d’Alison. Son acte de rédemption ne consiste pas à récupérer immédiatement son fils ou à résoudre miraculeusement son addiction.

Il consiste à le laisser partir.

Tout au long du film, Alison cherche à conserver Jarvis auprès d’elle. Mais lorsqu’elle accepte finalement qu’il soit séparé d’elle, elle accomplit paradoxalement son premier véritable acte de responsabilité maternelle.

Dans la version développée du projet, la dernière réplique de Jarvis « T’es toujours ma mère » vient confirmer cette idée : Alison cesse d’être la figure centrale et exclusive de la vie de son fils, mais cela ne signifie pas qu’elle cesse d’être sa mère.

La séparation devient alors une forme d’amour.

Une ambition collective

Cette cohérence ne repose pas uniquement sur la réalisation. Chaque département du projet contribue à construire le même langage.

Le casting cherche ainsi des interprètes capables de créer rapidement une véritable confiance entre Alison, Vicky et Jarvis, puisque les relations entre les trois personnages constituent le cœur émotionnel du film.

La production, de son côté, porte un projet ambitieux pour un film étudiant : plus de 60 techniciens, trois interprètes principaux, deux compositeurs et huit jours de tournage.

Le financement s’appuie sur une combinaison d’événements, de ventes, de cagnotte en ligne, de tombola et de recherche de mécènes. L’équipe cherche également à nouer des liens avec des associations spécialisées dans la prévention de l’addictologie, afin que le film puisse devenir un support de rencontres et d’échanges autour de ses thématiques.

My Shooting Star apparaît ainsi comme un projet où les choix artistiques ne sont jamais totalement séparés du propos. La voiture traduit l’enfermement, la route symbolise la fuite, les étoiles incarnent l’espoir, la plage matérialise l’impasse, la musique devient une lettre et l’image accompagne les fluctuations émotionnelles d’Alison.

Derrière le récit d’une mère qui fuit avec son fils se dessine finalement une histoire sur une idée beaucoup plus universelle : aimer quelqu’un ne signifie pas toujours savoir rester auprès de lui. Parfois, aimer signifie accepter de le laisser partir.

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Crédits

Équipe Technique

Réalisateur / co-Scénariste : Luka Ouvrard

Co-scenariste : Lyse Favareille

Co-scénariste : Naya Choblet

Co-scénariste : Margot Autret

Co-scénariste : Victoire Martin

Co-scénariste : Marion Amouillin

Co-scénariste : Nathan Lombrey

1ère Ass. Réalisatrice : Lisa Kerharo

2ème Ass. Réalisatrice et assistante Casting : Tatiana Treichel

3ème Ass. Réalisatrice, assistante casting et responsable enfant : Enora Saliou-Kerivois

Scripte : Nathan Lombrey

Directrice de Casting et chargée de figuration : Marion Amouillin

Storybordeuse : Naya Choblet

Dir. de production : Swann Legendre

Chargée de production : juliette Delalande

Régisseuse générale : Alizée Fort

Régisseuse Adjointe : Noémie Caplanne

Chef Déco : Keyran Lapierre

Chef Constructeur et 1er ass. déco : Maxime Trouillaud

Assistante déco : Eva Guerchet

Renfort déco : Noémie Caplanne

Chef Accessoiriste : Tom Brohan

Responsable HMC : Inès Rouiched

Renfort HMC : Juliette Delalande

Dir. de la Photographie : Victoire Martin

Chef Electricien : Patrick Neau

Electricien : Louis Fonteneau

Electricien : Victor Leroy

Opérateur Prise de vue : Titouan Raillard

1er Ass. OPV : Simon Gaillard

2eme Ass. OPV : Naya Choblet

3eme Ass. OPV : Gabriel Guillaud

Steadicameuse : Liloue Robin

Ass. Steadicam : Lenny Geslin

Chef machiniste : Paul Sirot

Machiniste : Liloue Robin

Machiniste : Lenny Geslin

Ingénieur son : Valentin Gay

Ass. Son : Margot Autret

Perchman : Simon Lafontaine

Dir. de post-prod : Julie Ramos

Chef monteur : Orian Lebreton

Ass. monteuse / mixeuse : Margot Autret

Etalonneur : Simon Gaillard

Sound Designer : Valentin Gay

Chargé VFX / Compositeur 3D : Alexis Guerry

Adjoint Chargé VFX / Infographiste : Léo Grammaticopoulos

Superviseur VFX : Eliott Watier

Ass. VFX : Chloé Laurent

Concepteur Générique : Simon Lafontaine

Monteuse Teaser/BA : Hussie Hilbert

Chargé de Communication : Guillaume Peron

Chargé de Financement : Célian Leprince

Chagée Réseaux Sociaux et Graphiste : Naya Choblet

Ass. Communication : Swann Legendre

Ass. Communication : Margot Autret

Ass. Communication : Orian Lebreton

Ass. Communication : Alexis Guerry

Renfort Communication : Victoire Martin

Renfort Communication : Maxime Trouillaud

Renfort Communication : Lisa Kerharo

Réalisatrice et cadreuse Making-of 1 : Maylis Bailly

Cadreuse Making of-2 : Enola Deschamps

Monteuse making-of : Léa Chauvel

Chargée de Presse : Juliette Delalande

Photographe Plateau : Ludivine Chetreanu

Equipe artistique

Alison : Julia Salaün

Vicky : Chloé Aloma

Jarvis : Charlie Vauselle